Marché immobilier à Paris en 2027 : quelles prévisions ?
Après l’accalmie du marché immobilier parisien en 2026, de nombreuses questions se posent pour 2027 comme les élections présidentielles, le changement possible de politique concernant la réglementation du marché immobilier ou encore la possible hausse des taux de crédit.

Nous l’avons déjà constaté lors de précédentes élections : plusieurs mois avant le scrutin, certains acheteurs préfèrent attendre d’y voir plus clair avant de se décider.
Faut-il pour autant en conclure que 2027 sera une mauvaise année pour acheter à Paris ? Pas nécessairement. À placer du côté des points positifs : les marchés plus lents ont tendance à favoriser les acheteurs.
Alors, à quoi pourrait ressembler le marché immobilier parisien en 2027 ? Et surtout, comment l’aborder lorsqu’on envisage d’acheter ?
Où en est réellement le marché parisien à l’approche de 2027 ?
Quelques chiffres très parlants.
Prix au m² à Paris dans l’ancien en 2026
- Début 2026 : 9 600 €/m²
- Aujourd’hui : 9 657 €/m²
Nous le voyons : le marché immobilier parisien a été stable en 2026.
Sources : Chambre des Notaires de Paris et Meilleurs Agents
Taux de crédit immobilier en Île-de-France en 2026
- Début 2026 : 3,10 % sur 20 ans
- Aujourd’hui : 3,25 % sur 20 ans
Une légère augmentation des taux s’est amorcée au printemps.
Source : Meilleurtaux
Les réglementations qui influencent le marché en 2026
- Réforme du DPE : nouveau calcul plus favorable aux logements chauffés à l’électricité → diminution du nombre de passoires thermiques, particulièrement importante pour les petites surfaces parisiennes.
- Encadrement des loyers à Paris : une contrainte importante pour l’investissement locatif.
- DPE collectif généralisé : depuis le 1er janvier 2026, obligation étendue aux copropriétés de 50 lots ou moins → meilleure visibilité sur la performance énergétique de l’immeuble et les travaux potentiels.
- Droits de mutation plus élevés à Paris : augmentation de 0,5 point → renchérissement de l’achat dans l’ancien.
- Passoires thermiques : poursuite des effets de l’interdiction de louer les logements classés G et du gel des loyers des F et G → décotes et arbitrages plus importants sur ces biens.
- Rénovation énergétique / copropriétés : montée en puissance des obligations issues du plan pluriannuel de travaux (PPT) → les travaux futurs de copropriété prennent une place croissante dans les décisions d’achat.
Le cadre est devenu plus complexe.
Des taux de crédit probablement un peu plus élevés en 2027
Les taux immobiliers pourraient repartir légèrement à la hausse en 2027. Les prévisions disponibles évoquent un taux moyen autour de 3,6 %, avec un scénario pouvant aller jusqu’à 4 % si les conditions financières se dégradent.
Pour un acheteur, la différence est loin d’être neutre.
Pour 2 500 € de mensualité sur 20 ans :
- à 3 %, on peut emprunter environ 451 000 €
- à 3,5 %, environ 431 000 €
- à 4 %, environ 412 000 €
Entre 3 et 4 %, la capacité d’emprunt diminue donc d’environ 39 000 €, soit près de 9 %.
Mais il faut aussi regarder l’autre côté de l’équation. Des taux plus élevés réduisent le nombre d’acheteurs et leur capacité d’achat. Cela finit généralement par mettre les prix sous pression et augmenter les possibilités de négociation.
Cet ajustement n’est pas immédiat. Il faut souvent quelques mois pour que les vendeurs acceptent les nouvelles conditions du marché. C’est d’ailleurs dans cette période de transition que des opportunités peuvent apparaître : le crédit est plus cher, mais le rapport de force commence déjà à basculer en faveur des acheteurs.
Pour autant, pas d’optimisme inconsidéré : une hausse des taux de crédit immobilier n’est jamais une bonne nouvelle pour le marché. Elle réduit le pouvoir d’achat des acquéreurs et finit généralement par peser sur le nombre de transactions.
L’élection présidentielle devrait ralentir le marché
Nous avons déjà traversé trois élections présidentielles depuis la création de Parlez-moi de Paris et, à chaque fois, nous avons constaté le même phénomène : dans les mois qui précèdent l’élection, une partie des acheteurs préfère attendre.
En 2027, cet attentisme pourrait être d’autant plus marqué que les politiques immobilières envisagées sont assez différentes. Selon le résultat de l’élection, nous pourrions connaître une certaine continuité des réglementations actuelles ou, au contraire, aller vers une libéralisation plus importante du marché immobilier.
Fiscalité, investissement locatif, encadrement des loyers, rénovation énergétique : pour un acheteur, et plus encore pour un investisseur, les conséquences peuvent être importantes.
Cette prudence est d’ailleurs déjà perceptible : selon CAFPI, un Français sur trois envisageant un investissement locatif préfère attendre les élections de 2027 avant de passer à l’action.
Nous pouvons donc raisonnablement anticiper un marché immobilier parisien plus attentiste durant les premiers mois de 2027, au moins jusqu’à ce que le paysage politique et les orientations qui en découlent deviennent plus clairs.
Un marché probablement plus lent au premier semestre 2027
La mécanique pourrait être assez simple :
Taux légèrement plus élevés + élection présidentielle
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Moins d’acheteurs sur le marché
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Moins de visites et moins d’offres
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Légère baisse des prix moyens
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Délais de vente qui s’allongent
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Quelle réglementation immobilière après l’élection ?
Au-delà de l’incertitude politique, les décisions prises après l’élection pourraient avoir des conséquences très concrètes sur le marché immobilier parisien.
Plusieurs orientations sont possibles

Certaines orientations pourraient donc redonner de l’attractivité à l’investissement immobilier, tandis que d’autres pourraient inciter les propriétaires et les investisseurs à rester prudents.
Et c’est précisément le problème à quelques mois d’une présidenatielle : nous ne savons pas encore quelles seront les règles du jeu après l’élection.
Pour un acheteur qui envisage sa résidence principale, l’incidence peut être relativement limitée. Pour un investisseur qui raisonne en rendement après fiscalité et en possibilités de location, elle peut être beaucoup plus importante.
Tous les appartements ne suivent pas le marché de la même façon
C’est une particularité importante du marché parisien : même lorsque le marché ralentit, les meilleurs appartements continuent à bien se vendre.
Un appartement lumineux, avec un bon plan, peu de travaux, un étage agréable, peu de défauts et situé dans un quartier recherché peut se commercialiser très vite.
À l’inverse, le ralentissement se fait beaucoup plus sentir sur les biens imparfaits ou proposés trop cher.

C’est pourquoi parler d’une baisse ou d’une hausse générale du marché parisien a ses limites. À Paris, il n’existe pas un marché immobilier mais une multitude de micro-marchés.
En 2027 comme aujourd’hui, la qualité du bien et son prix de départ resteront déterminants.
Notre prévision pour le marché immobilier parisien en 2027
Notre prévision pour l’ensemble de l’année 2027 est assez claire : nous prévoyons une légère baisse du prix moyen des appartements à Paris.
La remontée probable des taux de crédit devrait continuer à peser sur la capacité d’achat des acquéreurs. C’est, selon nous, le facteur économique le plus important à suivre en 2027. L’attentisme lié à l’élection présidentielle devrait accentuer ce mouvement pendant la première partie de l’année.
Nous prévoyons donc des volumes de transactions plutôt faibles au premier semestre, accompagnés d’une pression à la baisse sur les prix moyens.
Et après l’élection ?
C’est là que les prévisions deviennent plus délicates.
Si nous restons dans des orientations politiques relativement proches de celles que la France connaît depuis de nombreuses années, nous pensons qu’une partie des acheteurs et des vendeurs ayant différé leur projet reviendra sur le marché.
Il pourrait alors y avoir un effet de rattrapage au second semestre. Pas une explosion des transactions ou des prix, mais un retour progressif vers un marché plus actif et plus stable.
Si l’élection entraîne au contraire un changement politique beaucoup plus important, l’inconnue sera plus grande.
Un assouplissement significatif de la fiscalité ou des contraintes réglementaires pesant sur l’immobilier pourrait favoriser le marché. Mais il serait trop simple de ne regarder que la politique du logement.
Il faudra également observer la réaction de l’économie française, des investisseurs, des marchés financiers, des taux de crédit et de la confiance des ménages. Nous n’avons pas connu récemment en France de changement politique de grande ampleur. Je préfère donc, sur ce scénario, reconnaître une véritable inconnue plutôt que prétendre prévoir aujourd’hui la réaction du marché immobilier parisien.
Dans tous les cas, nous n’anticipons ni effondrement ni envolée du marché parisien en 2027.
Les beaux appartements devraient continuer à très bien résister
La baisse du prix moyen parisien ne concernera pas tous les appartements de la même manière.
Les beaux et bons appartements devraient conserver toute leur attractivité. Ils restent rares à Paris et la demande pour ce type de biens demeure forte. Un appartement réunissant les qualités recherchées — emplacement, lumière, étage, plan, vue, absence de défaut important — continuera à trouver des acheteurs.
L’attentisme du premier semestre pourrait simplement décaler une partie des transactions. Si vendeurs et acheteurs de beaux appartements décident d’attendre l’élection, nous pourrions même assister à un regain d’activité sur ce segment au second semestre.
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